TDS 2022

1er
2022
La prépa
Après la western states ou je termine 6 eme avec mes pacers jeremy et damien mon beauf (peut être que le CR viendra 😅😱), il m’a fallu du temps pour récupérer, il faut dire que la TGV by SiBo Trails en couple «en recup» n’a pas forcément aidé !
L’inter course a donc été assez light avec une reprise d’intensité sur le 15 kil du trail La Rosière – Espace San Bernardo
J’avais prévu une reco TDS en couple début Août et Arthur Joyeux-Bouillon me propose lors de ce trail une reco UTMB en début de semaine… Aïe, dilemme ! Le temps de m’arranger pour le boulot et go début août ce sera une semaine choc avec reco UTMB Mont-Blanc sur 3j, 1 jour de repos et reco TDS sur 3j. Une semaine de 46h pour 318kms et 18700m+. Une première pour moi mais des bons moments sur les chemins en bonne compagnie !
Ensuite ça a été deux semaines où il a fallu récupérer donc plutôt light avec un peu de vélo.
C’est comme ça que je me suis présenté sur cette ligne de départ avec une incertitude sur mon état de forme mais sans plus de pression que ça. Le parcours bien en tête, la stratégie définie avec Philippe Propage coach : rester bien tranquille (pas comme à la western) en début de course et on verra ensuite… si je peux rentrer c’était la bonne gestion et si je peux pas les autres sont plus forts….
Facile en théorie, c’est souvent plus compliqué à mettre en place dans le feu de l’action.
Mise en bouche faite, demain le début de course.
Début de course…
La famille au complet est dans les starting blocs pour la course, avec un départ à minuit, moi j’ai plus envie de me présenter au dernier moment sur la ligne… les siestes se sont pas mal passées et je me suis préparé à quelques sujets à passer en revu en cas de coup dur.
La motivation est là, une nouvelle s’est ajoutée, celle d’une légende urbaine qui veut que les coureurs de la western ne réussissent pas sur les courses utmb 😜 Facile à sortir celle là après coup, ça aurait aussi pu faire une excuse en cas d’échec 😅.
Minuit pile, départ dans les rues de Courmayeur, zéro échauffement, c’est toujours surprenant de voir les allures de départ ! Ensuite ça se calme vite et dès la sortie de la ville, les bâtons sont de sortie. Je me force à bien pousser sur les bâtons et garder une marche plutôt qu’une course même si il y a quelques relances. Maison vieille je sais que je suis vraiment lent mais on reste calme, je suis avec Guillaume Beauxis, à l’attaque de l’arête du mont Favre je mets la veste car la nuit est fraîche et les manchettes ne suffisent pas. La descente sur le lac combal, je laisse dérouler un peu pour faire tourner les jambes. Faire sa course en écoutant ses sensations c’est bien mais avec quelques ambitions de top 5 et idéalement podium, je peux pas laisser partir la tête trop loin…
La montée au col des chavannes est toujours bien en dedans, Guillaume est toujours pas loin derrière. A la bascule, on attaque ces descentes «pénibles ». Une piste interminable où les kils défilent mais c’est monotone et c’est un peu piégeur car on peut vite se casser les jambes. C’est une partie que Casquette Verte apprécierait sûrement… quoique peut être pas assez bitumée 🤣. Je vois des frontales vraiment loin et je suis pas sûr que ce soit la tête de course… ça m’a peut être fait un peu peur et je suis un peu sorti de ma zone de confort dans la descente. En bas, je suis revenu sur Martin Kern et Elias Kadi qui me rassurent sur la tête de course qui serait qu’à 4’.
Je décide donc de rester dans ce trio pour finir la nuit et discuter un peu. Je croise pour la première fois la famille puis encore au col du petit Saint Bernard. Nouvelle descente pénible sur Bourg 😜 qui nous réserve une petite surprise, Franco Collé mon collègue de team semble dans le dur, un gros client sur cette course !
Petite faute d’inattention en s’alimentant un peu avant Seez et c’est la chute, je fais attention à bien tomber en silence pour laisser mes deux compères devant finir leur nuit tranquille.🤣
On arrive sur Bourg, le jour ne se lève pas encore et je retrouve mon assistance de choc et même le coach Philippe Propage coach ! Je lui dis que ça va même si j’ai pas des jambes de ouf… on a bien la confirmation que la tête de course n’est pas loin 3-4 min.
On repart à 4 avec Sebastien CAMUS . C’est la longue ascension au fameux passeur de pralognan. J’ai troqué ma lampe pour une plus petite mais je ne dois plus avoir de piles alors je profite des frontales des collègues et prends le lead du groupe dans cette montée au fort de la platte. Avec le recul, une montée un peu tonique quand même dans laquelle on a perdu Sebastien. Un peu avant le fort, Martin temporise un peu. On a croisé encore une fois mon assistance de choc qui est aussi mon équipe de supporters, ils sont de partout ! Je suis avec Elias à qui j’ai laissé le lead. On apprend à se connaître un peu… les frontales sont éteintes avant le fort et le jour s’est levé tranquillement sur la vallée… une deuxième étape commence. A suivre.
La chasse…
Le col du passeur de pralognan se passe pas mal, juste après le fort, on reprend un coureur dont je ne connais pas le nom mais qui est dans le dur, juste après, ce sera Tofol qui a levé le pied. Le soleil commence à réchauffer l’atmosphère après cette nuit fraîche, la fin du col est un peu plus raide, je me concentre encore pour bien pousser sur les bâtons. Elias lâche quelques mètres mais n’est pas loin à la bascule. J’aperçois un coureur un peu plus loin dans la descente.
Au Cormet, mon équipe de supporter est là et mon moustachu (Philippe Propage coach) préféré aussi 😜
Elias est rentré et on fait la montée au col de sauze ensemble. Assez raide, je suis toujours concentré pour appuyer sur les bâtons et sauvegarder un peu les jambes. Elias semble bien à l’aise et je le laisse leader, également à la descente sur la giettaz où nous rentrons sur un coureur allemand qui n’est pas dans une bonne période. A la giettaz, une nouvelle fois la famille est là pour me pousser 😜.
Ravito express et je repars en marchant en finissant mon verre et en attendant qu’Elias rentre pour continuer la chasse… mais au final, Élias temporise et ne rentrera pas. Du coup je chasse seul. Je reprends un espagnol et continue, la tête de course se rapproche, elle est à vue, il y a des parties plus roulantes, je pourrais courir mais je préfère temporiser et garder une marche active, ce qui ne m’empêche pas de rentrer progressivement, je fais signe à Hugo Deck qui mène la course. Au sommet, j’ai fait la jonction mais une pause pipi remet un peu de distance ce qui me permet d’apprécier l’agilité du groupe dans cette petite descente 😜
J’ai rejoint le groupe à nouveau et dans cette traversée vallonnée vers le pas d’outray je prends le lead pour la première fois. Dernière petite bosse, Hugo pousse un peu et je décroche quelques mètres et reste dans mon pace. Le chinois Min Qi est toujours dans la roue de celui qui est en tête, alors que l’équateurien Joaquin lopez fait un peu le yoyo. La descente bien longue sur Beaufort marque le début de la 3eme étape qui sera… demain 😜
La tête de course
Hugo en tête depuis la bascule mène la course, Min Qi est toujours dans la roue. Je passe Hugo en lui disant « je vais pas te laisser faire tout le boulot ». Il me répond « ça ne me dérange pas».
Depuis que j’ai rejoint le groupe, le chinois est toujours en seconde position quelque soit l’allure de la personne en tête. Il a l’air facile. Joaquin Lopez a par contre un peu décroché. Cette longue descente comporte quelques relances mais aussi quelques passages bien raides, il va falloir bien l’encaisser car il y a encore du taf ! Je prévois donc de rattaquer cool la prochaine montée.
Mais les plans sont faits pour être changés 😜.
Hugo a un peu décroché en fin de descente, je rentre donc dans Beaufort en tête toujours avec le chinois dans mon ombre, il fait maintenant bien chaud ! Ravito rapide, petite arrosage en règle à la sortie du ravito, je sais ce qui m’attend 😱.
Je repars cool comme prévu, je croise le coach à nouveau et je lui fais part de mes inquiétudes à propos de Min qui ne décroche pas d’un caramel. Bref début cool comme prévu, Min a du prendre un peu son temps au ravito, bien 1’30-2’ je dirais. La première partie est roulante, je garde ce pace cool et juste avant d’attaquer l’ascension de Haute Luce, il est revenu…
C’est maintenant qu’on sort de la zone de confort et qu’on fleurte avec la zone rouge. Il a fait l’effort pour rentrer, donc il faut voir ce que ça donne. Il est juste derrière et s’accroche, la respiration est plus forte puis un petit trou se creuse. Puis je n’entends plus rien, il y a 3 lacets où on a de la visibilité et plus personne !
Bon eh bien c’est pas le tout il faut tenir ! C’est ombragé mais super chaud, chaque ruisseau est l’occasion de refroidir la machine avec un arrosage copieux. Je maintiens la cadence jusqu’à Haute Luce, mon équipe de supporters est là, un petit ravito, une tête dans la fontaine et on attaque la partie la plus raide de cette longue montée. Concentré, je fais mal aux bâtons, mais Gipron c’est du costaud, tant qu’on les coince pas entre deux cailloux 😜
Une dernière fois, je croise l’équipe de supporters en haut du village et je les revois pas avant les conta.
Cette partie hyper raide au soleil n’est pas la plus facile mais c’est maintenant qu’il faut creuser, je garde quand même une petite marge mais c’est assez tonique. Je soigne l’alimentation, on est juste à court d’eau pour s’arroser et je garde ce que j’ai pour m’hydrater. Enfin j’atteins la Crète et c’est une relance, je peux encore courir toute cette partie et c’est plutôt bon signe mais la route est longue. Il fait plus frais avec la brise sur la crête mais les abreuvoirs serviront quand même à me faire redescende en température. Tout se passe bien, il y a pas mal de monde et dans cette partie vallonée je garde autant que possible la course, sauf sur la dernière partie avant le col du Joly. Là des supporters me parlent des écarts et que la course est gagnée mais non rien est fait !
Au col du joly, mon team supporter a fait un crochet, c’est cool ! Le plein d’eau et c’est parti pour la descente. Je ne replie pas les bâtons et je vais les utiliser aussi en descente pour amortir un peu. Une descente variée avant notre dame de la gorge ou la Il faut relancer. Fred Bousseau est là pour la presse et fait un bout de chemin avec moi, quelques kils à 4’30 sur ce faux plat descendant me mettent en confiance pour la suite. Mon assistance est fidèle au poste, c’est la dernière avant la ligne. On recharge et c’est reparti , il fait toujours chaud, j’ai oublié de m’arroser et je cherche désespérément une fontaine, mais celles ci sont coupées en ces temps de sécheresse. Je trouve des WC sur le haut des conta qui ont un lavabo 🤩.
Plein de monde est présent sur cette partie, et les abreuvoirs sont notre salut 😍.
Je prends le temps de téléphoner pour avoir les écarts au milieu de la montée, ça semble loin. Je garde quand même un bon rythme, confortable mais quand même pas de la Rando.
Au sommet du col, je sais qu’il me reste que de la descente, les jambes sont ok et je peux envoyer si besoin. Après un petit détour par rapport à la trace GPS, mais qui nous offre une vue de dingue, je vois Grégoire Curmer qui est venu à ma rencontre ! C’est cool !
Mais il va me casser les pattes en fait 🤣
Il est en contact avec ma famille, à priori plus d’une heure d’avance et là c’est le drame 😅🤣! Je sors de la course, je pense surtout à ne pas me blesser et du coup je descends comme une luge à foin. (16’ de plus qu’en 2019 sur col du tricot-Cham !!!)
J’arrive tout de même sur le bitume avant les Houches avec une surprise, merci Alain Premat pour ce coucou😜
Au ravito, une dernière fois mon assistance de choc et je dis à celine : tu sens ? Elle comprend pas et je lui dis : ça commence à sentir bon 😜
Pas de pb physique, encore du jus et un peu plus de 8 kils faciles pour rejoindre Cham ! Je pourrais presque marcher mais je me re motive pour courir, course cool que je peux garder jusqu’à Cham.. plein d’encouragements et de têtes connues, même Pau Capell est la, il prend le départ de l’utmb dans 3j…
Depuis les Gaillands, je profite, je passe en revu mes motivations en cas de coup dur que je n’ai pas eu besoin d’activer mais le principal, le souvenir de maman, a une nouvelle fois été omniprésent. Les larmes entre joie et tristesse ne peuvent être contenues. Le staff Hoka est là, une belle ouverture de cette semaine de l’utmb pour HOKA, étant partenaire titre pour la première année de UTMB Mont-Blanc.
Ils me tendent une bouteille de champ pour célébrer comme il se doit ce finish.
Retrouvailles avec mon speaker préféré Ludovic Collet, ma famille-assistance-supporter et vous le public !
Un nouveau beau souvenir sur cet événement UTMB !
📸 Peignée Verticale et Joao M. Farias

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