A l’entame du col du bonhomme, je suis toujours avec
Cédric Chavet Ultra Trailer et spécialiste du froid extrême et nous revenons à mi col sur le groupe de
Diego Pazos « Zpeedy » et
Grégoire Curmer, on voit les frontales mais surtout on les entend bien, ça discute pas mal. Arrivée au col, je propose un petit selfi comme à la reco mais cette fois personne n’a de tel qui permette de prendre des photos, on est en minimaliste sur le tel

On doit être un groupe de 7-8 dont l’autoproclamé duc de Savoie
Ugo Ferrari. Je prends le pace pour la montée de la croix du bonhomme où il y a toujours quelques personnes pour nous encourager alors qu’il fait bien frais, en statique ça doit cailler. J’ai mis mon buff, que je garde habituellement au poignet pour éponger la sueur, autour du cou depuis le début de nuit pour garder un peu de chaleur et je me pose la question de la veste qu’ont déjà enfilée Greg et Diego, mais j’ai peur d’avoir chaud. On Bascule à la croix et on arrive au refuge, ils nous disent plus que de la descente

Arrrf les jokeurs, oui jusqu’aux chapieux mais il reste encore 6500m+ à monter

Une bonne descente plutôt roulante sur les chapieux où il y a une grosse ambiance !! Le plein d’eau Gazeuse, qui a mon grand désarroi est issu de la
sodastream France, c’est ce que j’utilise au quotidien mais pour la course je préfère une eau bien chargée en minéraux et sodium comme le St/Yorre. Les filles sont là pour m’encourager dans la foule qui est en pleine fête, ça fait du bien, un peu plus loin ce sont les costauds qui sont là : Florian Sautel,
Candice Bonnel et Maud Gobert. Quelques mots et nous retrouvons le calme avec cette interminable partie jusqu’à la Seigne. Ugo attaque fort avant de temporiser et de nous laisser rentrer. Diego va donner le rythme jusqu’au sommet. Ce col est interminable, on voit quelques frontales devant mais on voit surtout le long cordon lumineux derrière. Une courte descente, un virage à Gauche et c’est parti pour les pyramides calcaires, l’ascension est courte, on est plus que deux avec Diego les autres ont pris quelques mètres. Descentes techniques avec les casses, un coureur revient fort sur nous alors qu’on s’est pas arrêtés pour acheter du terrain

C’est Greg, il aime bien ces chemins caillouteux. on continue la descente jusqu’au lac combal. A nouveau le plein d’eau gazeuse (minérale cette fois) et c’est reparti pour le plat et les arrêtes du mont Favre. On me demande si je veux avoir les écarts, et là j’ai peut être été un peu sec avec un « non je m’en fou ! »

On reste concentré sur ses sensations, son allure , son confort. Le piège est de s’enfermer dans une allure trop confortable… Diego attaque la bosse et je conclue l’ascension. La suite est une longue descente avec des relances jusqu’au col Chécrouit. Je jette mes déchets et continue la descente, je suis seul diego et Greg suivent de près, Ugo n’est plus là il n’a pas du apprécier la descente des pyramides

Le duc aime les descentes où l’on a posé un beau tapis rouge bien soft afin de pouvoir faire une attaque medio bien propre


On arrive sur la piste où il doit bien y avoir 5 cms de poussière super fine due au chantier en cours et c’est la plongée sur Courmayeur, c’est une descente bien raide, plutôt ludique en lacet mais qui laisse un peu de trace, je suis donc plutôt conservatif et je m’aide des bâtons en descente pour amortir les marches. De toute façon, je suis parti en mono brin donc je ne peux pas les plier autant qu’ils servent ! je voulais reprendre une paire de
Gipron pliables mais ils n’étaient pas présents sur le salon donc le choix était vite fait, c’est aussi ce choix que j’avais fait en 2016…
En fin de descente, Greg est revenu et on entre ensemble sur le grand ravito de Courmayeur. Céline est là, on change les batteries, vide les déchets, je repars avec un gros gel 250g et 4 petits, et, nouveau je pars avec une flasque de boisson isotonique
OVERSTIM.s sports nutrition que j’avais récupérée sur leur stand. C’est une première ! Je sais

, quand on me demande des conseils je réponds toujours de ne pas tester des nouveaux trucs en course mais faites ce que je dis pas ce que je fais

J’ai aussi un nouveau short
HOKA reçu la veille

La Web TV est dans la place on échange quelques mots, Fred évoque les bâtons mono brin, ma consommation gargantuesque de Gels et bon il est temps de partir ! Diego est à la table d’à coté alors je lui jette un » on y va ou on dort ici ? »
On repart vers la 10 ème position avec Greg, et aussi @tollefson tim,
Jordi Gamito Baus qui sont juste devant,
Hannes Namberger est aussi de la partie. Le refuge bertone, on trottine dans les rues et à la fin de la route j’en ai assez de trottiner et marche, personne ne passe. J’attaque donc le sentier en donnant le pace. A un tiers, je demande à Diego si le pace est ok, il me répond « oui à cette vitesse il n’y a personne qui va rentrer! « . Je continue donc et progressivement Diego Lache et greg reste avec lui. Je décide de mettre la veste avant la sortie de la forêt, ainsi que les gants. Il va faire froid en haut. Ravito de bertone, je fais le plein d’eau Gazeuse, un petit verre de coca et le petit groupe arrive. Je voulais les attendre mais ils commencent les soupes alors je continue la fin de la montée seul. C’est à nouveau une partie roulante vallonnée qui est passée vite en reco, je cours 95% du temps et ça se passe plutôt bien, je suis surpris qu’ils ne soient pas encore rentrés. Juste avant Bonatti je vois une lumière, c’est plutôt cool de rattraper quelqu’un, sauf que c’est
Jim Walmsley, il a du mettre tout ce qu’il avait sur lui, pull sous pull, veste pantalon gants bonnet et il marche ! C’est toujours pas son année a priori ! on échange quelques mots, il me dit « I’m fucking tired » et je continue la petite montée vers Bonatti. Encore une partie vallonnée avant de rejoindre Arnuvaz, pas de frontale en vue, il y a de gros écarts devant. A Arnuva on m’annonce 4 ! je suis un peu surpris n’ayant doublé qu’une personne, a priori
Pablo Villa est là mais abandonne dans la tente médicale. Prochaine ascension : le grand col ferret ! Toujours seul, je regarde derrière et maintenant l’écrart est assez important, je pense qu’il y a du y avoir un arrêt assez long ravito du petit groupe. Je reste concentré et m’efforce de pousser au maximum sur les bras, au fur et à mesure de l’effort on oublie souvent de pousser et les bâtons ne servent plus qu’à tenir un équilibre précaire, je sais que c’est encore long et il faut économiser les jambes. Une bonne montée au col, pas de signes de fatigue particuliers, la douleur de l’ischio du début de course n’est plus là, évidemment les jambes ne sont pas fraiches mais c’est pas pire. Je comprends assez vite que je ne suis pas 4 mais 5 et on me parle de plus d’une demie heure de retard sur les personnes devant (qui au final est plutôt 20′). Je trottine la fin de la montée moins raide et il est temps de basculer. Il y a un brouillard de dingue et la descente est vraiment lente, normalement ça déroule mais là avec la frontale on voit pas le bout de ses pieds, j’essaye différentes intensités mais c’est pareil, il faut donc prendre son mal en patience et avancer doucement, garder le chemin et être reactif car on ne voit pas tous les trous et cailloux. A la yourte, le jour commence à se lever et le brouillard est plus faible, on peut reprendre une allure normale. C’est encore un petit bout de valloné avant une courte descente raide et le plat amenant à la fouly. Il est temps d’éteindre la lampe. Un nouveau jour se lève, les sensations sont pas mal, la nuit a été assez bonne. Donc à la Fouly où c’est encore assez calme, je retrouve ma femme, mes filles et Theo qui sont là en supporters car l’assistance perso est interdite, je vois aussi
Simon Allaz un collègue de boulot, coach mental et aussi coureur (termine en top five dur le Swiss peak 170 aujourd’hui), Guillaume Lenormand ami de longue date, on a un peu débuté dans les mêmes années.
Après la nuit, un top 5, à 13′ de la 4ème place, j’aurais pas misé la dessus au départ. Je comprends que
Xavier Thevenard ne reviendra pas. A demain pour la suite et fin de ce loooong récit

ce sera demain à 14h40 heure de mon arrivée une semaine avant

Après la fouly le chemin est plutôt descendant avec quelques petites relances et je suis assez surpris de pouvoir courir 100% du chemin jusqu’au bas de Champex, je suis pas rapide mais les jambes répondent bien, le jour se lève doucement et c’est bon pour le moral, je quitte la veste, le temps est encore humide et frais mais on est quand même plus bas. Je croise Christophe Aubonnet qui prend des photos mais aussi l’équipe de
Peignée Verticale que je vais voir toute la fin de course ! En effet, la nuit n’a pas était bonne pour les bleus, la quasi totalité des coureurs/ coureuses
HOKA ont abandonné la course. Le doyen doit assurer une prestation minimale


La montée sur Champex est assez courte mais avec des bons petits raidars, je me souviens avoir été à la peine en 2017 sur cette montée après avoir fait la descente de la Fouly un peu vite en compagnie de Hayden Hawks. Là c’est plutôt pas mal 90% de marche mais assez tonique. J’arrive satisfait de cette section à Champex où je retrouve mon assistance qui a aussi passé une nuit blanche. On laisse la grosse frontale pour ne garder que les lampes de secours, reprends la casquette, j’enlève le sous pull et change de t-shirt, le plein d’eau gazeuse et à nouveau isotonique, 5 gels qui devraient me permettre de tenir jusqu’à Trient. Céline m’annonce 3′ de plus de retard sur
Mathieu KohLanta ce qui porte à 16′. Ah le cochon ! ça va être tendu d’aller chercher le chocolat ! La section pénible en relance jusqu’au pied de Bovine passe bien et je peux trottiner tout le long jusqu’au début du single. Le sentier ensuite est plus compliqué et je reprends la marche plutôt tonique mais j’ai une petite baisse de régime sur la fin de bosse, notamment dans le pâturage où nous avions pu courir facilement sur la reco… Ce sera plutôt de la marche jusqu’à la bascule

La descente jusquâ la Giète est assez technique et je reste focus, pas de douleur particulière et je me projette bien sur une arrivée à Chamonix. on m’annonce 20′ sur Mathieu et
Germain Grangier. Mathieu a encore creusé, mais Germain c’est la première fois qu’on m’en parle… le reste de la descente est plus roulant, je compte dans ma tête plus que deux bosses aller ! A la Forclaz Ma fille Léa et Théo sont là pour les encouragements, ils m’annoncent 20′ sur Germain… une petite portion plate et on attaque la descente. Une pause pipi, c’est bon signe si on a encore envie, ce qui est pas bon signe c’est qu’il est impossible de se remettre à courir après cet arrêt, les jambes veulent pas et surtout j’ai un genou qui est un peu bloqué, je marche un peu puis je peux relancer et finir normalement la descente. La petite montée jusqu’au ravito est assez dure, il y a quand même de la fatigue et c’est normal ! Je me pose pour l’avant dernier point d’assistance, on recharge les flasques pose les gels vide, repars avec 4 gels qui sont suffisants jusqu’à Vallorcine. Aller debout et hop c’est parti… ah non debout Aie et c’est parti… une nouvelle douleur sur le coté du genou, je ne dis rien à personne et continue vers la prochaine montée. Tout
Compressport est la dont le boss avec une pancarte « vas y , souviens toi de 2016 ». On m’annonce toujours 20′ sur Germain. Je trottine mais l’allure est pas très rapide, je sais que le chemin n’est pas loin et que l’on va pouvoir reprendre une marche active. On pousse sur les bâtons aller hop hop… à 1/3 de la montée environ j’entends l’hélico. Il est en stationnaire sur le col de la Forclaz ! Ok c’est la première Féminine ! Ça me fait sourire, il y a une grosse perf qui se profile, j’estime à 30′ derrière ! Je suis pas inquiet pour ça si je dois me faire passer par une féminine c’est pas grave ça m’est déjà arrivé et ça m’arrivera encore. La première fois c’était sur Sierre Zinal en 2007 avec Anna Pichtrova, une autre fois sur la Maxi race avec Anna frost et j’ai du en oublier d’autres, je dois avoir un soucis avec les Anna

Le point de contrôle des Tseppe et c’est presque la bascule et la descente sur Vallorcine, sur la relance je ne peux qu’alterner marche et course, la descente est maîtrisée sans trop forcer mais pas de douleur à l’horizon c’est bon ça le fait ! Avant d’attaquer la piste 4×4 je croise
Blandine L’hirondel et son copain Mathieu qui sont venus pique niquer et qui sont à bloc pour les encouragements ça fait plaisir. Blandine a atomisé l’OCC chez les feminines comme celle qui arrive derrière moi je pense, je ne sais pas si c’est
Courtney Dauwalter ou
Beth Pascall. La piste est toute pourrie alors que je sais qu’il y a un chemin mais heureusement à un moment on pique à droite et rejoint un sentier c’est un soulagement car à la reco on avait fait toute la piste ! Vallorcine dernière assistance environ 2h30 de course, celine fait mes changements de flasques, de Gels, je ne me suis pas assis pour ne pas connaitre la même douleur qu’à trient. Sortie de ravito, les filles m’indiquent Germain à 6′. Aller hop, on bascule en mode chasseur. Il reste ce long plat jusqu’au col et une bosse. Ouais sauf qu’il n’est pas possible de courir le genou ne veut plus ! Merde en marchant ça va être long ! Je marche, masse un peu le coté du genou et au bout d’un moment je peux reprendre la course, enfin course pas sur que les deux pieds soient en l’air à un moment

Je trottine et parfois marche jusqu’au col, les jambes répondent pas si mal. 3′ de retard au col des montets. Je cherche la cible… vu ! Cible verrouillée. Je repousse un peu plus tard la marche trottine le début moins raide puis commence une marche tonique. Ne pas se mettre dans le rouge, il reste 15 kils, on s’alimente et je rapproche un peu mes prises de gels, l’intensité ayant augmenté. La remontée est progressive, je trottine les rares portions de plat et rentre sur Germain a environ la moitié de la montée de la tête au vent. On échange quelques mots, je lui demande si ça va, il me répond » je serais mieux dans mon canap’ ». Moi aussi et il arrive le canap… je me pose un moment la question de finir ensemble car devant c’est trop loin et derrière c’est très loin aussi. Mais bon le Serge, je ne le connais pas trop et on n’ a pas fait de route ensemble sur cette course alors je continue sur mon rythme. La fin de la tête au vent est moins raide et j’alterne marche et course, je suis limité par cette douleur qui s’installe parfois sans raison et qui disparaît de la même manière. Tête au vent, la bascule : le début est technique, il y a du monde sur le chemin, tout le monde s’écarte poliment lorsque je demande le passage sauf un randonneur, il ne me laisse pas passer en disant « le chemin est pour tout le monde ». Ok c’est vrai ! Dépassement sanglier un peu venere et on oublie. Randonner sur ce chemin le jour de l’UTMB c’est sûr que c’est pas des plus calme

Le chemin valloné jusqu’à la Flégère passe pas mal, je ne peux plus courir sur la fin de la Flégère mais c’est pas grave, une marche rapide suffit. Une flasque d’eau gazeuse et un petit coca et feu pour la dernière descente. Ah ben non le feu n’a pas pris, j’appellerais bien mathieu pour un conseil sur le feu mais il est loin devant

( pour ceux qui ont pas la réf, Mathieu a fait un KohLanta). La partie raide pour rejoindre la piste est un calvaire je dois marcher sur 3 pattes, je me dis que la descente va être longue !! Arrivée sur la piste j’essaye de rallumer la flamme une fois deux fois et finalement c’est bon, j’ai perdu 1-2′ à descendre ce P*** de talus mais je peux courir et augmente progressivement ma vitesse jusqu’à être presque taquet ! Attention presque taquet après 165kms ça doit faire du 12km/h

je tire comme si je pouvais encore rattraper le 3ème jusqu’au pont devant le salon et je sais que ça reviendra pas, si ça revient je pourrais que saluer le finish ! Pourquoi avoir tirer autant ? Je sais pas 4 ou 5 ça change rien ! Une descente en 36′ de la Flégère avec ce foutu talus qui m’a fait perdre 1′, ça me satisfait, finir dans le top 5, ça me satisfait, finir en 22′ de moins qu’en 2016, ça me satisfait, retrouver le public et l’émotion de l’arrivée, ça me satisfait, retrouver mes filles et ma femme sur la ligne pour une bonne séance de larme, ça me satisfait, retrouver une fois du plus cette voix (
Ludovic Collet) sur la ligne ça me satisfait !
C’est un CR long comme l’UTMB, j’espère que c’était pas ennuyeux comme ne l’a pas été cet UTMB pour moi. Merci à tous pour vos message sur le parcours pendant la course sur les réseaux, FB, Insta et Strava après la course c’est aussi pour ça que l’on persiste et que l’on revient ! Bon il faut soigner ce genou et ensuite on verra s’il y a une suite en 2021….